E. Mary-Rousselière et les photographes de la Bretagne intérieure

Edmond Mary-Rousselière a été, avant 1914, le plus gros éditeur de cartes-postales pour la ville de Rennes, mais également pour une grande partie de l’Ille-et-Vilaine et, dans une moindre mesure, pour les départements du Morbihan, des Côtes-du-Nord et de la Loire-Inférieure. En 1925, Alexandre Lamiré, qui a récupéré le fonds de commerce de Mary-Rousselière, passe des annonces dans le journal Ouest-éclair pour écouler 500 000 cartes postales vues du département d’Ille-et-Vilaine, pour la plupart encore au nom de son prédécesseur, et en 1927, il essaye de nouveau de vendre 600 000 cartes vues du département à 11 francs le kilo ! Lamiré renouvelle peu le fonds photographique et réutilise les clichés imprimés et édités par Edmond Mary-Rousselière. Cette production impressionnante de vues des villes, villages, bourgs et paysages d’Ille-et-Vilaine a été possible grâce à une coopération avec des photographes locaux, professionnels ou amateurs. En étudiant attentivement les images et en faisant bien attention aux années de circulation des cartes, il est possible de découvrir qui était l’auteur d’origine du cliché. Mary-Rousselière n’a pas fait affaire seulement avec des photographes d’Ille-et-Vilaine, la plupart des clichés des autres départements qu’il vend, surtout les scènes en costumes ou d’événements, sont l’œuvre de particuliers ou de professionnels (photographes, éditeurs ou imprimeurs) locaux. Voici quatre exemples : outre son travail en Ille-et-Vilaine avec Julien Havard, Jean-Marie Chapon et Charles Desmots, Mary-Rousselière a collaboré avec le photographe Charles Bailly à Ploërmel dont il édite des vues et des scènes en costumes.

Julien Havard à Saint-Aubin-du-Cormier

Julien Marie HAVARD (1870-1961)

Cordonnier, photographe et éditeur

signature Havard

Né le 7 août 1870 à Saint-Aubin-du-Cormier, fils de Jean Havard, laboureur et d’Angélique Fixot, cultivatrice.

Marié le 27 novembre 1894 avec Marie Louis Heurtier, commerçante, marchande de tissus puis pâtissière (Saint-Ellier du Maine, 26 janvier 1869- ?), fille de Michel Heurtier, charron, laboureur   ( ? - Gosné, 5 février 1895) et de Louise Delanoë, cabaretière, cultivatrice (Gosné 1840 - Gosné 9 novembre 1871)

D’où :

1°) Marie Louise Angélique (Saint-Aubin-du-Cormier 8 janvier 1896 - Clermont-Ferrand, 28 septembre 1988) ;

2°) Pascaline Marie Joseph (Saint-Aubin-du-Cormier, 8 avril 1899 - ?) ;

3°) Madeleine (Saint-Aubin-du-Cormier 1909 - ?)

Décédé le 19 juillet 1961 à Clermont-Ferrant.

Signalement : 1m 62. Non mobilisé.

EMR souvenir

Julien Havard débute comme chaussonnier à Izé dans le canton de Vitré. En 1894, il devient cordonnier à Lécousse. En 1896, il tient une boutique de cordonnerie rue Porte Carrée à Saint-Aubin-du-Cormier. En 1901, il est recensé 8, rue du Château. Il édite alors ses propres clichés en cartes postales : la « Collection Havard, phot-édit. St-Aubin-du-Cormier » a des légendes en rouge et porte le logo des imprimeries réunies de Nancy. Sa deuxième série est identifiée par les termes « Havard, phot.-édit., St-Aubin-du-Cormier (I.-et-V.) », avec des légendes noires.

précurseur

En 1904, Havard fait une série datée sur le départ de l’Artillerie de Santoger près de Sens-de-Bretagne qu’il édite à son nom « Havard, phot.-édit., St-Aubin-du-Cormier » et il fait également circuler une série « J. Havard, phot.-édit. St-Aubin-du-Cormier » avec légendes en noir et logo des imprimeries réunies de Nancy. Parallèlement, il travaille avec Edmond Mary-Rousselière (Cliché Havard – E. Mary-Rousselière, édit., Rennes) et Lucien Bahon-Rault (Collection Havard L. Bahon-Rault, Edit. Rennes).

Havard

En 1905, il ne se contente déjà plus de son travail de cordonnier, sa boutique permet aussi aux Saint-Aubinais d’acheter des livres. En 1906, il crée une série datée à son nom « Havard, phot.-édit., St-Aubin-du-Cormier ». Vers 1907, Mary-Rousselière édite avec lui une série sur le costume de Rennes et ses environs « Cliché Havard – E.M-R., édit., Rennes », série qui était vendue, entre autres, à Rennes. En 1910, ils réitèrent leur collaboration avec une série sur Saint-Aubin-du-Cormier marquée « Cliché Havard – E. Mary-Rousselière, édit., Rennes ». En 1911, Havard se fait recenser comme cordonnier et photographe. Sa cartoliste est très vaste : il a photographié de nombreux lieux comme La Bouëxière ; Chauvigné ; Chateaubourg ; Ercé ; Gahard ; Gosné ; Livré-sur-Changeon ; Mezières ; Mécé ; Romazy ; Saint-Aubin-du-Cormier ; Saint-Aubin-d’Aubigné ; Saint-Christophe-de-Valains ; Saint-Etienne-en-Coglès ; Saint-Germain-sur-Ille ; Saint-Hilaire-des-Landes ; Saint-Jean-sur-Couesnon ; Saint-Marc-sur-Couesnon ; Saint-Médard-sur-Ille ; Saint-Sauveur-des-Landes ; Selle-en-Goglès ; Sens-de-Bretagne ; Vendel ; Vieux-Vy-sur-Couesnon…

Après la Première Guerre, Julien Havard ne semble plus produire de cartes postales.

cliché Havard EMR

Jean-Marie Chapon à Marcillé-Robert

Jean-Marie CHAPON (1863-1935)

Instituteur

signature Chapon

Né le 11 mars 1863 à Montreuil-le-Gast, fils de François Chapon, cantonnier puis cafetier et de Marie Ridard, femme de ménage.

Marié le 22 août 1885 à La Boussac avec Adèle Françoise Jeanne Marie Joséphine Lenormand, femme de ménage (Launay-Belle-Fille, 28 octobre 1860 - avant 1935), fille de Jean-Marie Mathurin Lenormand, marchand ( ? - Broualan, 24 décembre 1883) et de Françoise Anne Marie Ollivier, cultivatrice ( ? - Launay-Belle-Fille, 16 mars 1861).

D’où :

1°) Henri Jean Marie François Chapon, instituteur (Broualan, 13 septembre 1890 -Rennes, 26 octobre 1918) ;

2°) Angèle Mélanie Marie Adèle Chapon, institutrice (La Boussac, 2 octobre 1886-Le Verger, 26 février 1936) mariée le 11 décembre 1911 à Broualan avec Joseph Vilbou.

Décédé en septembre 1935 à Broualan.

Marcillé

En 1883, Jean-Marie Chapon réside à Saint-Georges de Reintembault. En 1885, il est instituteur public et demeure à Broualan, commune de La Boussac. En 1890, il habite Marcillé-Robert, mais semble avoir des biens immobiliers à Broualan où sa femme est déclarée comme propriétaire. La plupart des cartes postales qui portent son nom circulent dès 1905 et sont de Marcillé-Robert, Retiers, Visseiche ou Broualan : elles portent pour mention « Cliché J. Chapon – E. Mary-Rousselière, édit. Rennes ». Deux séries supplémentaires sont marquées « Cliché Chapon – E. Mary-Rousselière, édit. Rennes » ou « E. Mary-Rousselière, édit. Rennes – Cliché J. Chapon ». Quelques cartes publicitaires, comme celle de l’hôtel Garnier (Hôtel du Lion d’Or) à Retiers, portent juste son nom « Cliché J. Chapon ». Chapon ne semble pas avoir fait de photographie du centre bourg de Dingé : les clichés sont de Julien Havard et ont été édités par Mary-Rousselière à son nom seul par la suite ; mais la confusion est souvent faite entre J. Chapon et le propriétaire du café tabac du bourg de Dingé, Pierre Chapon [(Dingé 1860-1914), marié à Apoline Hyacinthe Morel (Dingé, 1863- ?)], qui édite à son nom une carte publicitaire de son commerce. Mary-Rousselière publiera vers 1910 tous les clichés de Jean-Marie Chapon à son nom seul « E. Mary-Rousselière, édit. Rennes ».

Hôtel

Fête

Charles Desmots à Retiers

Pierre Joseph DESMOTS (1881-1941)

Horloger-bijoutier, 38 rue de Martigné à Retiers

signature Desmots

Né le 19 février 1881 à Visseiche, fils de Prosper François Desmots, cultivateur (Drouges, 8 février 1838- Abrissel, 3 mai 1906) et de Jeanne Marie Barbot, cultivatrice (Moutiers, 13 mars 1849-Abrissel, 9 janvier 1931).

Marié le 14 octobre 1903 à Arbrissel avec Claire Aimée Rivet (Arbrissel, 23 avril 1884-Retiers, 9 août 1947), fille d’Alexis Pierre Rivet (Visseiche, 2 juillet 1848 - Abrissel, 14 juillet 1892) et de Modeste Marie Lucas (Retiers, 17 août 1838 - ?), rentière.

D’où :

1°) Pierre Alexis Desmots (Retiers, 29 septembre 1904- Rennes, 16 février 1961), horloger à Corps-Nuds, marié à Anna  Joseph Marie Le Corre le 29 avril 1935 ;

2°) Marcel Marie Joseph Desmots (Retiers, 24 février 1908-Dinard, 20 mars 1998), bijoutier à Retiers puis à Rennes, chevalier de la légion d'honneur , croix de guerre 39/45 avec étoile de bronze, médaille des évadés, croix du combattant volontaire de la résistance, croix du combattant, croix du service militaire volontaire 1908-1998, marié à Yvonne Marie Josèphe Pleurois (1915-2003) ;

3°) Marie Josèphe Desmots (Retiers, 16 juin 1911-Retiers 21 avril 1929) ;

4°) Marie Antoinette Jeanne Desmots, mariée à Constant Émile Joseph Soulas.

Décédé 17 février 1941 à Retiers.

Signalement : cheveux et sourcils châtains foncés, yeux bleus, front ordinaire, nez pointu, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, 1m 59. Degré d’instruction 3.

Retiers

En 1901, Pierre Desmots est recensé comme horloger à Arbrissel. Il est alors dispensé du service car son frère est à l’armée. Il est appelé à l’activité en 1902. C’est en 1904 qu’il ouvre sa boutique d’horloger-bijoutier à Retiers. En 1905, Mary-Rousselière publie des clichés de Jean-Marie Chapon pour Retiers, cartes-postales reconnaissables par la mention « Cliché J. Chapon – E. Mary-Rousselière, édit. Rennes ». Desmots édite de son côté quelques cartes de Retiers à son nom « Cliché P. Desmot ». C’est en 1910 que les cartes postales « Cliché P. Desmots – E. Mary-Rousselière, édit. Rennes » circulent le plus. En 1913, Desmots photographie la cavalcade de Retiers. Le 12 août 1914, il est mobilisé. En 1916, il appartient au 20ème escadron du train. Il passe au 18ème escadron du train un juillet 1917 jusqu’au 25 février 1919. À son retour à Retiers, il ne semble pas reprendre la photographie. Il décède en 1941 d’une longue et douloureuse maladie.

Martigné Desmots

Desmots 1913

Charles Bailly et la Veuve Chamarre à Ploërmel

Charles BAILLY (1875-1936)

Photographe, mécanicien-garagiste

signature Bailly

Né le 22 juillet 1875 à Rennes, 26 place des Lices, fils d’Auguste Thomas Bailly (Rennes, 13 décembre 1847-Lamballe 4 mars 1936 ) [mercier devenu photographe à Rennes puis à Lamballe ; né Auguste Thomas Poirot, reconnu le 17 septembre 1850 ; fils naturel de Marie Rose Poirot (Rennes 17 juin 1813- Rennes 22 août 1869), épicière, mariée le 16 avril 1855 à Etienne Vertizon, et de Thomas Bailly (Carignan 5 juin 1812- ?), Maréchal des Logis au troisième escadron du train des parcs d’artillerie en 1850, concierge de la faculté de droit de Grenoble en 1897] et de Laure Angélique Désirée Genty (Paris 30 mai 1851-Lamballe 7 août 1926) [fille de Louis Joseph Genty, entrepreneur (Chenevières 25 novembre 1819- Rennes 16 mars 1885) et Rosalie Prudence Lesage] ; frère de Lucien Bailly, photographe à Saint-Brieuc et à Pontivy (Rennes 9 novembre 1887 - Saint-Brieuc 30 avril 1975) [marié à Paris le 29 avril 1911 avec Jeanne Marie Dindeleux (1863- ?) ; d’où Christiane Bailly].

Marié le 17 août 1897 à Lamballe (22) avec Julie Marie Françoise Doyen (Lamballe, 23 octobre 1873-Lamballe, 21 août 1953), fille de Joseph Marie François Doyen, coiffeur (1838-1896) et de Victorine Marie Françoise Salomon, ménagère (1847-1919).

D’où :

1°) Marcel Victor Auguste Bailly (Lamballe, 21 août 1899-Maroué, 13 mai 1969) ;

2°) André Charles Bailly, mécanicien (Lamballe, 13 janvier 1901-Lamballe, 25 avril 1985) ;

3°) Charles Lucien Louis Bailly (Ploërmel, 19 avril 1903- Cannes, 11 juin 1995) ;

4°) Suzanne Marguerite Laurence Bailly (Ploërmel 25 novembre 1906-Lamballe, 9 janvier 1932 ; témoins à la naissance : Marguerite Le Breton veuve Chamarre, commerçante, 31 ans, demeurant rue de la Gare à Ploërmel et Laure Angélique Genty, épouse Bailly photographe rue du Val à Lamballe).

Décédé le 30 avril 1949 à Lamballe

Signalement : cheveux et sourcils châtains ; yeux gris ; front haut ; nez long ; bouche moyenne ; menton rond ; visage ovale ; 1m.65. Degré d’instruction 3.

Marguerite Noémie Louise Le Breton (1875-1948), dite Veuve Chamarre

Commerçante

Le Breton

Née le 31 octobre 1875 dans le 7ème arrondissement de Paris, fille de Joseph Marie Le Breton et d’Aimée Yvonne Le Normand, commerçants rue de l’Hôpital à Ploërmel.

Mariée

1°) le 26 avril 1899 à Ploërmel à Ernest Emile Constant Chamarre, commerçant rue la Gare à Ploërmel (la Jaudonnière 25 mars 1872 - Lamballe 30 avril 1901) [fils d’Armand Constant Chamarre (1832- ?) et Henriette Joséphine Perraud (1835- ?), cultivateurs en Vendée].

D’où Marguerite Aimée Constance Marie (Lamballe, 21 novembre 1900- Lamballe 13 novembre 1901).

2°) promesse de mariage d’André Jacquesson, industriel, in Le Ploërmelais 5 janvier 1913.

Décédée le 1er mars 1848 à Boulogne-Billancourt.

Charles Bailly commence sa carrière de photographe auprès de son père, Auguste, 99, rue du Bout du Val à Lamballe.

En 1875, Auguste était un simple employé qui vivait 27, place des Lices à Rennes. En 1881, il est recensé comme commerçant mercier 6, rue de la Monnaie. En 1886, il est déclaré pour la première fois comme photographe au 27,rue Chalotais. Il semble avoir quitté Rennes quelques temps après l’exposition nationale et régionale de l’industrie, du commerce et des Beaux-Arts de 1887 où il a été médaillé deux fois pour son travail.

En mars1894, Charles s’engage volontairement pour trois ans au 71ème régiment d’infanterie. À son retours, il travaille comme photographe mais quitte la ville de Lamballe en février 1901 pour s’installer rue de la Gare à Ploërmel.

Bailly père

Il publie ses premières cartes postales vers 1903 pour la librairie tenue par les Demoiselles Baugé dans une maison de commerce située à l’angle de la rue Noire et de la rue des Halles. La publication se fait grâce à l’éditeur Edmond Mary-Rousselière de Rennes et peut-être sous son influence. Mary-Rousselière fréquente, en effet, régulièrement la ville de Ploërmel où son frère, Norbert, a repris le fonds de commerce de sa belle-famille, la maison Giffard-Moutier rue Beaumanoir, en tant que marchand quincailler, fers et charbons, le 5 décembre 1901. Ainsi les premières cartes de Charles Bailly porte les mentions « Cliché Bailly.-Lib. Baugé.-E.M.R., édit. ». Sa production de cartes postales est alors limitée aux bâtiments remarquables de Ploërmel, surtout les vieilles maisons du 16ème siècle.Le 12 février 1904, Charles photographie l’expulsion des Frères de l’Instruction chrétienne ou Frères La Mennais qui avaient leur noviciat et leur établissement principal au cœur de la ville : la série est éditée par la librairie Baugé, les cartes sont marquées « Cliché Bailly.- Lib. Baugé ». Les Demoiselles Baugé cessent toute activité en 1907.

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Mais c’est vers 1906 que Bailly commence à travailler avec Marguerite Le Breton, dite Veuve Chamarre, commerçante rue de la Gare. Leurs premières cartes portent pour mention « Bailly, phot. – Vve Chamarre, rue de la Gare, Ploërmel (Morbihan) » ou « Bailly et Chamarre, phot-édit, Ploërmel ». Le territoire couvert par le photographe est alors très large : les cartes ont pour titre les noms de départements du Morbihan, des Côtes-du-Nord ou de l’Ille-et-Vilaine. Deux autres séries existent, publiées entre 1907 et 1909 : une portant pour mention « Bailly photo – Vve Chamarre, édit., Ploërmel », l’autre, qui a été imprimée par les Imprimeries réunies de Nancy, « Bailly et Chamarre, phot-édit, Ploërmel Morbihan ». Les clichés de personnes en costumes de cette série sont réédités par E. Mary-Rousselière, édit. Rennes sans référence à Bailly. Edmond Mary-Rousselière les vend dans sa boutique à Rennes.

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EMR Locminé

En 1909, Charles Bailly et Marguerite Le Breton participent au concours de l’exposition agricole, industrielle et artistique de Ploërmel : Charles reçoit la médaille de Vermeil pour ses photographies et la Maison Chamarre-Bailly, éditeurs de cartes-postales reçoit la médaille d’argent pour l’ensemble de leur exposition (voir Le Ploërmelais et L’Union Libérale du Morbihan du 2 mai 1909, Le Ploërmelais du 23 mai 1909). En 1910, ils font circuler la série « Ch. Bailly, phot. – Vve Chamarre, rue de la Gare, Ploërmel (Morbihan) ». Là encore, les clichés en costume sont réédités par Mary-Rousselière sans mention ni de Bailly, ni de Chamarre.

En 1913, Charles semble un peu souffrir de la concurrence des autres photographes de la ville, plus particulièrement celle du bijoutier Félix Morin, rue des Forges, qui dispose d’un grand salon de pose avec cabinet de toilette. Il publie des publicités dans la presse. Qui plus est, Marguerite Le Breton se remarie et quitte la rue de la Gare pour la rue Nationale. En 1914, leur collaboration ne peut que prendre fin car Charles est mobilisé.

Charles Bailly est mis en congé illimité de démobilisation par le 10ème escadron du train de Fougères le 12 janvier 1919. Il revient à Ploërmel, mais il ne semble pas reprendre l’activité de photographe. On retrouve sa trace seulement en août 1926, lorsqu’il déclare le décès de sa mère : il est mécanicien à Lamballe et gère une station-service boulevard Jobert avec son fils André (station détruite en 1995 pour la construction d’un rond-point). La même année Marguerite quitte Ploërmel pour le Val-André. Elle cède son fonds de commerce de chaussures rue Nationale à Madame Veuve Cobigo.

Pour citer cet article:

Chmura Sophie, " E. Mary-Rousselière et les photographes de la Bretagne intérieure", cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, mis en ligne le 24 octobre 2014. http://cartes-postales35.monsite-orange.fr, consulté le .