« Toute la Bretagne » de Charles Collas

La « Marque au Trèfle »

Charles Edmond COLLAS

Employé de commerce, libraire, photographe-éditeur, imprimeur

Signature COLLAS

Né Charles Edmond Annon à Suresnes le 15 janvier 1866, reconnu et légitimé le 7 août 1869 à Suresnes au mariage de Léon Collas, inspecteur du gaz (Manheulles, 10 août1833 – Paris, 10 janvier 1894) et d’Antoinette Alphonsine Annon (Suresnes, 30 octobre 1839 – 14 octobre 1878).

Marié :

1°. le 24 avril 1893 à Cognac avec Madeleine Jeanne Guérin (Cognac, 1er juillet 1869 – 14 juin 1916), fille de Clément Guérin, boucher (Touzac, 22 novembre 1843 – Cognac, 17 mars 1903) et Jeanne Borde, bouchère (Cognac, 16 novembre 1842 - 2 mai 1918).

D’où

1°) Jane Marie Collas (Cognac, 22 mars 1896 – Carhaix, 27 décembre1971), mariée avec Léonce Eugène Jean Auguste Félix Sicard (Blain, 10 juillet 1887 – Paris, 22 mars 1964).

2°) Andrée Marie Louise Collas née le 10 décembre 1897 à Cognac

Charles COLLAS 1

3°) Jean Marie André Collas (Cognac, 22 mai 1900 – Saint-Maur-des-Fossés, 16 juillet 1986), marié le 15 avril 1926 avec Yvonne Maria Eugénie Helleu à Paris.

4°) Germaine Marie Magdeleine Collas (Cognac, 25 février 1902 – 21 décembre 1955)

5°) un enfant de sexe féminin mort-né le 21 mai 1905 à Cognac

6°) un enfant de sexe masculin mort-né le 20 janvier 1908 à Cognac

7°) un enfant de sexe masculin mort-né le 11 juin 1912 à Cognac

2°. le 17 avril 1923 à Saint-Germain-en-Laye avec Jeanne Olivia Renard.

Décédé le 23 mai 1947 à Paris.

En 1893, Charles Collas, employé de commerce à Paris s’installe à Cognac, rue Neuve Saint-Martin, où il ouvre une librairie. Il est à la fois photographe et artiste. De 1897 à 1903, il est le secrétaire général de la section photographique de la Palette Cognaçaise, rue Lazare Carnot à Cognac [1]. Il intègre probablement cette section dès 1896, quand l’association et la presse locale organise un concours de photographies [2].

D’après le numéro spécial du Figaro d’octobre 1904, il édite des avis de passage illustrés et des cartes vues de Cognac et de Royan dès 1894. Entre 1898 et 1899, certains clichés du pays de Royan « Ch. Collas, Phot. Edit., Cognac » sont directement extraits de sa plaquette Royan-Album. Royan et ses environs [3].

Royan environs

Royan album 1

Extrait Pontaillac

Royan Environs Collas-1

C’est d’ailleurs en 1898 que sa notoriété comme photographe s’affirme et qu’il fournit des photogravures pour l’annuaire Cognac Illustré [4].

C Ill.

C Ill. int.

En 1900, l’activité principale de Collas est tourné vers l’impression de livres pour éditeurs, mais grâce à l’impression mécanique, il lance une nouvelle collection de cartes postales sur les Deux-Charentes et produit des vues du Centre. Il publie également une suite d’études photographiques instantanées dans un livre-album de grand luxe, Cognac, son vignoble. Excursions à travers le vignoble charentais [5].

Cognac vignoble

Fin 1900, Charles Collas devient le gérant d’une société qui applique tous les procédés photomécaniques à la photographie « Cognac – Ch. Collas et Cie, place de la Sous-Préfecture – phototypie d’art et d’industrie ».

Il publie des cartes postales de paysages signées « CH. COLLAS & Cie COGNAC ».

CH. COLLAS et Cie COGNAC 1901

Paysage Collas

En janvier 1901, la société prend l’initiative d’un concourt ouvert jusqu’au 31 décembre« à tous les photographes amis des enfants », où « le sujet imposé est une scène enfantine quelconque à un ou plusieurs personnages […] jugé surtout au point de vue de l’originalité et de l’exécution artistique » [6]. Le but final est de faire une collection de cartes postales avec les sujets primés. Dès la fin 1902, et surtout durant l’année 1903, les séries avec des bébés et des enfants de la société connaissent des ventes aux chiffres fantastiques [7].

  • Bébé 1
  • bébé 2
  • bébé 3
  • bébé 4
  • Bébé A 1
  • bébé A 2
  • bébé A 3
  • bébé A 4

Lors du Salon des arts lithographiques et de la carte postale illustrée de 1904 [8], le jury décerne aux gérants de la société « une médaille de vermeil, justifiée tant par le goût parfait avec lequel ils ont présenté leurs diverses séries que pour la valeur même de ces séries » [9]. Ch. Collas et Compagnie est alors connue comme « la marque au trèfle » [10].

  • 1
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En effet, en juin 1902, Charles Collas, agissant en qualité de gérant de la société, avait déposé au Greffe du Tribunal de Commerce de Cognac quatre dessins de trèfles à dimensions normales pour « servir de marque pour être apposé sur des cartes postales illustrées de leur fabrication dont ils se réservent la vente, tant en France qu’à l’étranger » [11], dont le fameux trèfle à trois feuilles comportant les initiales CC & CC (Charles Collas & Compagnie, Cognac), marque qui se vantera d’être « la plus appréciée des collectionneurs et échangistes ».

Exemple du trèfle déposé le 12 juin 1902 par Charles Collas pour Ch. Collas et Cie phototypie d’art et d’industrie

T 1

Il s’agit du logo de la « Marque au Trèfle ». Il est de nouveau déposé le 12 décembre 1914 par Frédéric Gonzalez, lithographe, associé gérant, pour Ch. Collas et Cie imprimeurs lithographes. Le Journal des papetiers en gros et en détail annonce officiellement la formation de la Société en commandite Ch. Collas et Cie, imprimerie lithographique, 100 rue Pons à Cognac dans son numéro de janvier 1914 (durée 10 ans, capital 90 000 fr.)[12]

Exemple du trèfle déposé le 24 novembre 1902 par Charles Collas pour Ch. Collas et Cie phototypie d’art et d’industrie

T 2

Exemple du deuxième trèfle déposé le 24 novembre 1902 par Charles Collas pour Ch. Collas et Cie phototypie d’art et d’industrie

T 3

Exemple du troisième trèfle déposé le 24 novembre 1902 par Charles Collas pour Ch. Collas et Cie phototypie d’art et d’industrie

T 4

Logo déposé le 18 février 1905 par Charles Collas pour Ch. Collas et Cie phototypie d’art et d’industrie

L 2

Il s’agit du logo de la marque « l’hélio-Nantes », vantée en 1906, comme « la plus goûtée des vrais collectionneurs ».

Hélio

1906 annuaire

1907-1908 annuaire du tout sud ouest

Lors du Salon de 1904, les visiteurs découvrent le représentant parisien de la société de Collas : Fernand Fleury, photographe diplômé. D’après Le Journal sa « maison a été une des premières à éditer la carte postale en phototypie, et elle est arrivée à imiter le tirage au bromure, ce qui est un véritable tour de force. Dans son installation de premier ordre, à tous les points de vue, on remarque surtout le choix parfait et la variété des fantaisies. Leurs vitrines sont à classer parmi les choses les plus intéressantes du salon »[13].

En 1904, Fleury a déjà construit une grande partie de sa notoriété grâce aux séries nommées « Tout Paris » et « Tout Paris et Environs » marquées du trèfle CC&CC imprimé en rouge. Les premiers tirages proposés portent l'écusson de la ville de Paris et la mention « Collection F. Fleury ».

CCCC Paris

Tout Paris 2

Par la suite l’écusson disparaît et le trèfle imprimé en rouge de Collas est entouré des initiales F.F.

F CCCC F

FF Collas

Peu à peu, le tirage du logo et du texte se fait en noir. En 1906, F. Fleury & Cie est toujours concessionnaire de la Marque au trèfle pour la Capitale.

Dos Fleury Collas

159_001

Fleury

Mais la maison semble prendre peu à peu ses distances avec la « Marque au Trèfle ». Vers 1913 le titre « Tout Paris » disparaît et les cartes ne portent plus le trèfle mais le logo « F.F. Paris ». En 1910, Fleury édite « Paris inondations 1910 », ainsi que sur les environs de Paris inondés, avec le logo « F.F. Paris ». Les tirages en noir des séries de Paris et de ses environs « F.F. Paris » sont pour la plupart des retirages de la série « Tout Paris ». À partir de 1918, Fleury édite de nouveaux clichés.

FF Paris

Inondations 1910

[1] L’association existe depuis 1893. FABRE (C.), Aide-mémoire de photographie, Société photographique de Toulouse, 1897 à 1903.

[2] L’exposition a lieu du 1er au 30 septembre 1895, « Grand Concours de Photographie », in Gazette du photographe amateur, juin 1895, p. 6-7.

[3] Collas (Ch.), Royan Album. Royan et ses Environs, Cognac, Ch. Collas, s. d. (vers 1895), 2ème édition en cartonnage éditeur demi-percaline rouge à coins, 14 planches illustrées de 30 photographies d'après clichés sur Plaques Lumière & Fils, 5 pages de publicités.

[4] Cognac Illustré, annuaire historique, commercial et administratif du canton de Cognac, Cognac-Bordeaux, H. Massonneau et Cie, 1898, 272 p.

[5] Collas (Ch.), Guillon (J. M.), Cognac son vignoble. Excursions à travers le vignoble charentais. Suite d'études photographiques instantanées par Ch. Collas, photographe – Éditeur, Cognac, Imprimerie Artistique Ch. Collas, n.p. ; clichés obtenus sur plaques Lumière & Fils, avec appareil Mackenstein.

[6] Art et photographie : revue photographique, artistique, littéraire : organe officiel de la Société photographique de Roubaix, 1er janvier 1901, n.p.

[7] Armand (P.-N.), Dictionnaire de la cartophilie française, Saint-Just-La-Pendue, Éditions P. Amand, 1990, p.201

[8] En 1904, le salon fait sensation. Comme l’explique le quotidien Le Journal, « pour la première fois, la carte postale illustrée, dont les progrès ont été si rapides et qui est aujourd’hui partout en faveur, fait l’objet d’une exposition d’ensemble, d’un véritable Salon varié à l’infini » in Le journal 16 avril 1904 p.2, « les plus grandes maisons d’édition sont venues en masse et ont exposé des séries, des modèles, dont la variété est infinie. C’est toute la vie de la carte postale que l’on apprend à ce salon où fonctionnent même, à l’électricité, les belles et ingénieuses machines qui servent au tirage » in Le Journal, 21 avril 1904, p.2 ;

« une heureuse inspiration a voulu même qu’en souvenir de cette imposante exposition, les deux belles affiches murales qui l’ont annoncée fussent reproduites en cartes postales. La gravure et l’affiche artistique occupent dans ce salon une place très importante », in Le journal 21 avril 1904, p.2 ; « en dehors de tous ces attraits, M. V. Morlot en a encore trouvé un autre. Pour que cette première fête de la carte postale illustrée fût complète, il a eu l’idée d’un concours qui s’ouvrira le 23 de ce mois, entre tous les collectionneurs. Ce concours comprendra tous les genres : vues de monuments, costumes, paysages, actualités, politique, fantaisies, portraits d’artistes, etc… Des prix, diplômes, médailles d’or seront décernés à celles des collections qui, dans chaque genre, seront les mieux présentées, les mieux ordonnées, les plus nombreuses et les plus artistiques. Les concurrents ne manqueront pas ; ils sont aujourd’hui légion, ceux que passionne la carte postale illustrée » in Le journal 21 avril 1904, p. 2.


1904

[9] Le Journal, 1er mai 1904, p. 2

[10] Le Journal, 1er mai 1904, p. 2

[11] Archives de Charentes, fonds 6U.

[12]Journal des papetiers en gros et en détail, des imprimeurs et des libraires, des relieurs et des cartonniers, Paris, s.n., 1er janvier 1914, p. 23.

[13] Le Journal, 1er mai 1904, p. 2

« Toute La Bretagne »

Dans la même veine que « Tout Paris », Collas va créer avec le trèfle à cinq feuilles déposé le 24 novembre 1904 une série nommée « Toute la Bretagne ». Il fait pour cela appel à des photographes installés en Bretagne, plus particulièrement Émile Andrieu et Charles de Lespinasse.

Émile Jacques François Eugène ANDRIEU

Sous-chef de gare ; Ingénieur de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest ; papetier ; Inspecteur des chemins de fer du Yunnan, chef d'arrondissement à Hanoï

Signature Andrieu

Né à Trévé, le 27 mars 1866, fils de François Andrieu, Major de Cavalerie, commandant du dépôt de recrutement du Finistère, Chevalier de la légion d’Honneur (7 août 1859), Officier de la Légion d’Honneur (14 janvier 1872), officier comptable (Carcassonne, 24 décembre 1815 – Rennes, 20 février 1880) et d’Émilie Mathurine Marie Noury (Uzel, 25 octobre 1840 – Trévé, 22 mai 1913), mariés à Pontivy le 30 mai 1869.

Marié 1°) à Landerneau le 3 octobre 1898 avec Adeline Marie Courtemanche (Landerneau, 4 février 1872 – décédée avant 1910), fille de Jean Marie Yves Courtemanche, négociant (Landivisiau, 16 janvier 1862 - Landerneau, 11 février 1875) et Adeline Pauline Dufort (Landivisiau, 3 juillet 1838 - Landerneau, 6 avril 1895), mariés à Landerneau le 28 juin 1862.

2°) à Paris le 18 août 1910 avec Blanche Either Marie Sisson (Paris 11ème, 23 décembre 1878 – Le Mans, 27 août 1975), pianiste, professeur de piano, fille de Nicolas Sisson, représentant en vin (Issenheim, 4 décembre 1848 – Paris 11ème, 21 mai 1895) et de Berthe Rogerie, professeur de piano (Saint-Servan, 9 novembre 1849 – Brest, 3 mai 1939).

D’où 1°) Marie Françoise Andrieu (Hanoï, 28 décembre 1913 – Caen, 2 décembre 1978) ;

2°) Jacqueline Andrieu (Hanoï, 19 septembre 1915 – Le Mans, juin 1999)

Décédé au Mans le 28 août 1926.

Signalement : cheveux et sourcils noirs ; yeux noirs ; front ordinaire ; nez long ; bouche moyenne ; menton rond ; visage ovale, taille 1m 73. Degré d’instruction générale 1-2.

En 1886, Émile Andrieu est encore étudiant à Rennes. En 1887, il intègre les chemins de fer de l’Ouest comme simple employé. Au premier semestre de l’année 1898, il est déclaré comme sous-chef de gare domicilié à Landerneau ; en août de la même année, il déménage à Saint-Brieuc. Suite à son mariage, il s’installe à Morlaix. Il démissionne de ses fonctions aux chemins de fer en novembre 1900. Il est recensé en 1901 comme patron papetier 68 escalier Saint-Melaine à Morlaix. Le 12 novembre 1903, il s’installe au vieux Saint-Marc à Brest et s’inscrit dans le 74ème régiment territorial d’infanterie. Il est probable que ce déménagement fasse suite au décès de son épouse Adeline Courtemanche. En 1910, il est ingénieur de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest et se remarie à Paris. Il est libéré du service militaire le 1er octobre 1912. En 1913, il travaille en Cochinchine comme inspecteur des chemins de fer du Yunnan, puis devient chef d’arrondissement à Hanoï.

La carrière d’Émile Andrieu comme photographe et éditeur est courte. En 1902, il vend des cartes « Andrieu, édit., Morlaix », mais également « Collection Andrieu », surtout dans le Finistère. Ses première cartes postales sur la ville de Rennes sont marquées « E.A. ». Il augmente sa première série rennaise avec des cartes portant la mention « Andrieu, édit, Morlaix », dont certaines sont des retirages renumérotés. En 1904, ses clichés circulent sous le logo de Collas avec la mention « Cl. Andrieu » et en 1905 « Collection Andrieu ».

E.A. Rennes

Andrieu, édit., Morlaix

Coll Andrieu Rennes

Charles Julien Marie DE LESPINASSE

Rentier, propriétaire, photographe, fonctionnaire aux affaires étrangères

Juste parmi les nations à titre posthume le 7 février 2012

de Lespinasse-1

Né à Liège le 31 juillet 1872, fils de Jean Marie Célestin de Lespinasse, verrier, négociant (Gradignan, janvier 1837- Montmorency, 20 décembre 1893) et de Clara Élise Caroline Köller (Hilden, 5 octobre 1856- après 1897), mariés le 16 septembre 1871 à Aachen

Marié sur l’Île de Bréhat, le 25 mai 1897, avec Berthe Emilie Ferrieu (Laon, 31 janvier 1875 – Nice, 21 mars 1956), fille de Louis Joseph Ferrieu, sellier-carrossier (Rodez, 7 mars 1843 – 17 octobre 1874) et Pauline Léontine Provost, couturière (Paris, 7 mars 1851 – après 1897), mariés le 14 août 1869 à Paris.

D’où 1°) Maurice Walter Jean Charles de Lespinasse (Île de Bréhat, 19 août1895 – Paris, 30 novembre 1961), légitimé le 25 mai 1897, marié à Saint-Brieuc, 28 octobre 1916 avec Marie Jeanne Henriette Floch

2°) Jean Marie Julien de Lespinasse (Île de Bréhat, 5 décembre 1896 – Nice, 9 juin 1979), légitimé le 25 mai 1897, marié le 30 juin 1920 à Saint-Brieuc avec Henriette Fanny Mercédès Cren

3°) Conrad de Lespinasse (Île de Bréhat, 24 janvier 1898 - Île de Bréhat, 19 février 1898)

4°) Berthe Claire Elise de Lespinasse (Île de Bréhat, 19 octobre 1899 – Neuilly-sur-Seine, 4 août 1960), mariée 1°) à Neuilly-sur-Seine le 30 septembre 1922 avec Henri Jean Georges Calmbacher ; 2°) à Neuilly-sur-Seine, le 1er février 1934 avec Benjamin Alexandre Suermondt

5°) Georges Jean Marie de Lespinasse (Perros-Guirec, 11 septembre 1902 – Cap d’Ail, 10 janvier 1953), marié à Paris le 22 janvier 1924 avec Alice Simonne Schoenleber

6°) Conrad Félix de Lespinasse (8 juillet 1908 – Arpajon, 31 mars 1987), marié avec Madeleine Augustine Vallée

7°) Charles de Lespinasse

8°) Claire de Lespinasse

Décédé à Nice le 9 décembre 1947

Jean Baptiste Pasco

Pharmacien

Né à Châtelaudren le 16 décembre 1868, fils d’Onésime Pasco, notaire (Saint-Martin des Prés, 2 mars 1829 – Rennes, 28 février 1912) et Pauline Durand (Brest, 4 septembre 1835 – Châtelaudren, 10 juin 1871)

Décédé à Perros-Guirec le 22 février 1907.

Signalement : cheveux et sourcils châtains, yeux vert au strabisme léger, front bas, nez petit, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, 1m 69, degré d’instruction 5.

Après avoir vécu sur l’Île de Batz, Charles de Lespinasse s’installe fin 1901 à Perros-Guirec boulevard de la Corniche. Il rencontre le pharmacien Jean Pasco avec qui il s’adonne à la photographie. Pasco avait fait ses études de pharmacie à Rennes. En 1896, il résidait 10 rue des Halles à Saint-Brieuc. Il apparaît pour la première fois comme pharmacien de 1ère classe en mars 1897 à Lannion, puis à la Rade à Perros-Guirec [1]. En juin 1899, il avait aménagé chez lui un poste de secours et une chambre noire qu’il mettait gracieusement à la disposition des touristes [2]. Il est connu pour vendre des fournitures photographiques [3].

En 1902, Pasco et Lespinasse créent le Comptoir photographique de Perros-Guirec, route de Trestraou. Dans les années 1900, l’essor de la plage de Trestraou suscite l’intérêt de nombreux commerçants qui ouvrent des boutiques aménagées dans de petites cabanes en bois afin de vendre des articles de plages et touristiques.

Chalet CP

Comptoire Phot DOS

Comptoire Phot

Le Comptoir photographique vend une série de cartes postales numérotées de cinquante numéros « Pasco et Lespinasse, seuls éditeurs, Perros-Guirec (C-d N.) Phototypie A. Berger Frères, Paris ». La maison Bergeret les imprime sur des papiers de couleurs différentes. Certaines sont colorisées, la plupart avec un dos écrit en breton (karten Bost) comme les cartes postales de Hamonic et de Waron de Saint-Brieuc. Malheureusement, en décembre 1904, un incendie dévaste l’atelier photographique de Lespinasse causant un préjudice de 8 000 francs environ[4]. Le stock de cartes et de clichés est détruit.

6 Compt. Phot.

8 Compt

Karten

Jean Pasco semble poursuivre son activité pour le Comptoir photographique jusqu'à sa mort en 1907.

Trestraou 3

Perros-Guirec Copt. Phot

De Lespinasse reste à Perros-Guirec jusqu’à la fin des années 1930 au moins [5]. Dès 1904, ses clichés sont publiés comme ceux d’Andrieu avec le trèfle de Collas avec la mention « Cl. de Lespinasse ».

TLB Cl. de Lespinasse

TLB 1160

[1] L'Union pharmaceutique : journal de la Pharmacie centrale de France : organe des intérêts scientifiques, pratiques et moraux de la profession, Paris, Pharmacie centrale de France, janvier 1897, p. 148.

[2] Revue mensuelle du Touring-club de France, 15 juin 1899, p. 243.

[3] Annuaire du commerce et de l’industrie photographies, Paris, bureaux de la Photo-Revue, 1902, p. 327.

[4] Ouest-Éclair, 23 décembre 1904, p. 4.

[5] De Lespinasse est toujours domicilié boulevard de la Corniche en 1937, in Ouest-Éclair, 23 septembre 1934, p. 7.

D’autres photographes vont contribuer à la série « Toute la Bretagne » de Collas, mais restent des anonymes. Des éditeurs comme Lannou de Douarnenez publient des cartes sous le titre « Toute la Bretagne », sans pour autant utiliser le trèfle de Collas : il est probable que ces cartes n’aient aucun rapport avec la maison de Charles Collas.

Lannou Douarnenez

Vers 1908-1909, l’imprimeur Jean Maurice Tesson (Cognac, 19 mars 1877 – Limoges, 29 août 1955) fait circuler une nouvelle série au trèfle sous le titre « Bretagne ». Il avait utilisé dès 1902 le trèfle CC&CC. En 1904, comme Fleury, il appose ses initiales sur le logo de Collas « M.T./L. », puis « M.T./I.L. ». C’est à partir de 1908 qu’il utilise un trèfle à quatre feuilles avec les initiales M.T.I.L.

MTIL

MTIL Vitré

Pour citer cet article:

Chmura Sophie, "« Toute la Bretagne » de Charles Collas", cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, mis en ligne le 9 juin 2016. http://cartes-postales35.monsite-orange.fr, consulté le .