Rennes en couleurs

1900-1920

En 1902, la demande de cartes postales colorées s’accroit, et ce même si elles étaient deux fois plus chères que les cartes monochromes. L’édition des cartes postales illustrées est alors en pleine expansion grâce à la phototypie. Mais si cette technique permet de créer des images colorisées dans les livres d’art, le procédé le permet moins pour les cartes postales. En 1905, dans la carte postale photographique et les procédés d’amateurs, Auguste Berthier (1865-1932)[1] explique que « La carte postale jouit actuellement d’une vogue incontestable. On la rencontre à l’étalage des magasins luxueux des grandes villes, aussi bien qu’à la devanture des boutiques de la plus humble bourgade. Cette vogue est méritée d’ailleurs. Quoi de plus intéressant, lors d’un voyage ou d’une excursion, que d’envoyer, avec quelques mots de description ou d’explication, la vue des sites que l’on a admirés, des monuments, églises, édifices divers qui nous ont charmés. Cela dispense d’une longue description. On fait ainsi participer ses proches et ses amis, d’une manière bien plus effective, aux jouissances que l’on éprouve soi-même […] Les divers procédés exposés donnent des images monochromes. On conçoit parfaitement cependant que, dans certains cas, ils permettent de reproduire plus ou moins les couleurs. En combinant diverses épreuves, on arrive parfois à obtenir des résultats intéressants »[2].

Pour citer cet article :

Chmura Sophie, « Rennes en couleurs 1900-1920 », cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, mis en ligne le 21 mars 2019. http://cartes-postales35.monsite-orange.fr, consulté le

Rennes coloriée

Entre 1900 et 1910, même si la phototypie ne nécessite pas d’appareillage complexe, et que de nombreuses personnes peuvent l’utiliser sans être du métier, les commerçants Rennais font le plus souvent appel à des imprimeurs professionnels comme Edmond Laussedat (1851-1934) dont l’imprimerie phototypique était à La Boissière à Châteaudun ou Paul Royer (1872-1909), directeur depuis 1900 des « Établissement d’Imprimerie Royer et Cie à Nancy.

Laussedat pub

PUB ROYER

Les planches d’impression comprenaient une trentaine de cartes au format 9x14 cm. Encrées avec une encre grasse ou avec une encre typographique en addition avec un vernis, elles permettaient de tirer au maximum mille feuilles, mais en général les fabricants se limitaient à cinq cents tirages pour chaque cliché photographique. Les cartes obtenues étaient monochromes, même s’il était possible d’obtenir des exemplaires en bichromie grâce à un double passage sous presse. La plupart des grands éditeurs nationaux, comme Lévy fils et Cie[3], possédaient un atelier pour la mise en couleur des cartes où travaillait une main d’œuvre importante, généralement féminine. D’après leur catalogue de 1895,les frères Neurdein[4] proposaient déjà des « épreuves des Formats Neurdein, Grand-Format, Panoramiques et 30x45 […] en aquarelles ; […] montées sur carte noire, biseaux or avec impression du titre à l’or fin »[5] et sur demande spéciale, ils fournissaient aussi des aquarelles en épreuves non montées. Entre 1900 et 1905, les commerçants Rennais pouvaient leur commander des cartes-postales en couleurs « fournis aquarellés par tous les procédés à la main ou mécaniques »[6].

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Entre 1900 et 1903, l’imprimerie parisienne spécialisée en « Impressions Photomécaniques – photographie industrielle- Berthaud Frères », qui créé des cartes-postales à la demande, publie au moins seize cartes[7] de Rennes et colorise à l’aquarelle les vues qui sont les plus susceptibles d’être demandées par les touristes.

Berthaud phot

BF

La société « Berthaud Frères » avait été constituée 9 rue Cadet à Paris le 2 août 1880[8] par Michel Berthaud (Vienne, 9 novembre 1845-Bragny-sur-saöne, 1912[9]) et son demi-frère Michel Gabriel Berthaud (Seurre, 4 février 1852 – Bragny-sur-Saône, 1925[10]), fils du photographe parisien Jean Berthaud (Romans-sur-Isère, 7 mai 1819 – Bragny-sur-Saône, 28 mai 1885)[11]. En 1876, Michel Berthaud, qui avait commencé à travailler en 1868 avec le peintre photographe Étienne Prosper Berne-Bellecour (Boulogne-sur-Mer, 29 juillet 1838- Paris, 29 novembre 1910)[12], reçoit une médaille de bronze par l’Union centrale des Beaux-Arts pour son travail en matière d’« Art appliqué à la vulgarisation »[13] et en 1878, lors de l’Exposition Universelle de Paris, il reçoit une médaille d’argent pour ses photographies et tirages aux encres grasses[14]. En 1882, l’entreprise « Berthaud Frères » est récompensée par une médaille d’or pendant l’exposition des Beaux-Arts appliqués à l’Industrie. Le travail de Michel et Gabriel est de nouveau remarqué en 1889 à l’Exposition Universelle de Paris. En 1892, Michel Berthaud devient vice-président puis, en 1896, président de la Chambre syndicale de la photographie et de ses applications. Durant les années 1890, avec son frère, ils font prioritairement des impressions photographiques aux encres grasses par presses mécaniques. En 1897, ils produisent déjà des albums de 12 sujets et des cartes-postales. Ils vendaient les albums 55 centimes si l’acheteur commandait 1000 exemplaires, 50 centimes s’il en prenait 2000 ou 45 centimes pour 3000. Ces albums étaient généralement vendus 1 franc 50 au public, ce qui faisait un très joli bénéfice pour les commerçants. En 1900, l’imprimerie déménage31 rue de Bellefond jusqu’à ce qu’elle soit reprise par Pierre et Alexandre Catala  le 25 février 1910[15].

Berthaud Frères

Berthaud

L’art de sauver une mauvaise carte

Afin de répondre à une demande grandissante de cartes-postales en couleurs, les éditeurs Rennais faisaient colorier leurs cartes monochromes. Quand en 1903 et 1904, Alfred Guillemot (1837-1909), directeur du Grand Bazar Parisien[16], édite deux nouvelles séries, il fait mettre en couleurs les cartes-postales aux sujets les plus populaires de sa collection.

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À noter que certaines cartes-postales « A.G. » sont aujourd’hui seulement connues sous une forme coloriée, comme celle de la rue Saint-Michel.

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En 1907, il édite une série colorisée de 25 cartes sur le thème de « Rennes la nuit ».

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C’est entre 1905 et 1906 que le libraire Edmond Mary-Rousselière (1874- ?)[17] fait colorier quelques cartes-postales appréciées. Mais globalement, il réserve la couleur à ses cartes-postales souvenirs ou fantaisies.

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EMR 1905

Grâce à la grande dextérité et l’habilité des coloristes, fabricants et éditeurs faisaient mettre en couleur des épreuves moins bien venues au tirage ou au virage, cela leur permettait d’utiliser des images qu’ils auraient dû jeter, même si la règle pour peindre un phototype à l’aquarelle stipulait qu’il fallait de préférence prendre une épreuve claire et bien imprimée[18]. Il est reconnu que la qualité de l'édition des cartes postales n'a pas été constante au fil des ans. C'est le soin apporté à leur édition ou à leur impression qui a parfois manqué. Peu d'éditeurs ont su tenir le rythme quand la demande s'intensifia et réussir à produire des cartes postales attrayantes et de belle facture. La production d'un éditeur était rarement uniforme : image mal centrée ou décalée, erreur nominale ou d'orthographe, face insuffisamment encrée lors de l'impression… Une édition connaissait donc plusieurs variations qui portaient tant sur l'usage du noir et blanc ou de la couleur, que sur les retouches exécutées par les coloristes…

La plupart des cartes-postales en couleurs de Rennes était coloriées au patron, synonyme de coloriage au pochoir. Ce procédé était plus rapide que celui exécuté par les aquarellistes, même si ces derniers travaillaient parfois à la chaîne. Techniquement, une série de calques était créée : ils étaient destinés à délimiter la partie de l’image que chaque teinte plate légère devait couvrir. Les calques étaient reportés sur de très minces feuilles de cuivre ou de zinc qui étaient découpés en conséquence. Chaque plaque évidée était ensuite appliquée sur les épreuves imprimées en noir et avec un tampon, ou à l’aide de brosses rondes en soie de porc –dites pompons ou goujons-, les vides laissés par les découpages étaient colorés avec des couleurs à l’aquarelle –parfois à la gouache- simplement dissoutes dans de l’eau gommée. Les meilleurs coloristes arrivaient à obtenir des dégradés en utilisant deux brosses. Le résultat était toujours mat. L’envers des pochoirs était graissé à l’aide d’une brosse toutes les 5 à 6 utilisations afin que la couleur ne glisse pas au-delà de ses limites.

En fait, ce sont surtout les commerçants de bazar et de bimbeloterie, qui se contentaient d’une seule série de cartes-postales limitée à vingt ou vingt-cinq vues différentes, qui vendaient le plus de cartes coloriées. En effet, ils faisaient imprimer toutes leurs cartes à la fois en noir et en couleurs. C’était le cas au Grand Bazar de la Poissonnerie également connu sous le nom de « Maison Espinasse », entre les rues de Nemours et Poullain-Duparc. Les cartes-postales « Espinasse » ont été émises en 1904 par la directrice du bazar, Léoncine Riversdale (Saint-Malo, 20 janvier 1844 – Rennes, 26 décembre 1922), Veuve de Michel Espinasse (Tours-sur-Meymont, 1er novembre 1835 – Rennes, 21 mai 1891). Son gendre René Houël (Saint-Maur-des-Fossés, 2 août 1860 – Rennes, 4 octobre 1945)[19] lui succède entre 1907 et 1908.

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Les photographies documentaires L.V.&Cie

En 1906, l’éditeur et imprimeur Léopold Verger (Liège, 10 décembre 1862 – Paris, 15 mars 1915) publie un « choix immense de vues, toutes les grandes villes environs de Paris, Normandie, Bretagne, Savoie, Dauphiné, Pyrénées, Côte d’Azur, Côte d’Émeraude, plages du Nord et autres contrées visitées par les touristes (Suisse, Belgique, etc., etc.) »[20].

Cette collection, de presque 3900 cartes-postales, contient vingt-quatre cartes-postales, numérotées de 601 à 624, en noir et en couleurs des principaux lieux de Rennes visités par les touristes. La marque « L.V. & Cie » était apposée sur l’image. L’imprimerie chromolithographique en nom collectif « Léopold Verger et Cie » avait été fondée le 10 juillet 1895. L’usine était 161 boulevard Ornano à Saint-Denis et les bureaux 61 faubourg Poissonnière à Paris. L’entreprise était surtout connue pour la fabrication de calendriers et d’articles sur carton. La plupart de ses clients étaient des épiciers, des marchands de vins, des directeurs de magasins de nouveautés ou de bazars[21].

Annuaire-1907 p1254

Les cartes postales couleurs « L.V. & Cie » étaient obtenues par un procédé que Verger appelait « Aqua-photo » : il s’agissait tout simplement de phototypes monochromes aquarellés. Elles étaient « vendues au même prix que les anciennes cartes noires qui donnent une si triste et si pauvre idée des monuments et des paysages »[22] et des publicités annonçaient que les cartes étaient à acheter 0,60 Fr. la douzaine.

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Les photographies des cartes-postales « Aqua-photo » avaient été commandées au photographe Jules Séeberger (Vienne, 20 novembre 1872- Galluis, 8 janvier 1932), auteur en 1904 des clichés de la fameuse série de cinquante cartes en bistre et en bleu sur le Vieux Montmartre publiée par les frères Künzli[23].

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Henri Séeberger (Lyon, 28 novembre 1876-Galluis, 7 mars 1956), photographe, et Louis Jean Séeberger (Lyon, 7 février 1874-Guérard, 26 octobre 1946) qui avait débuté comme dessinateur industriel, ont également travaillé à la réalisation de l’importante commande de Verger. Durant trois ans, les trois frères ont sillonné la France. C'est en 1906 que commencent à paraître en cartes postales les premières vues qu'ils ont réalisées, dont celle de Rennes. Les coloristes n’ont pas été libres dans les choix des couleurs apportées à ces cartes : les frères Séeberger supervisaient le travail de coloriage, indiquant quelles couleurs devaient être appliquées[24].

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Jules Séeberger considérait qu’une photographie documentaire devait être présentée de manière artistique, en particulier celles des rues, monuments et jardins et qu’il ne fallait pas toujours « prendre de face des sujets éclairés également de face » au risque de produire « des choses banales et sans originalité, alors que ces mêmes sujets, pris d'un certain côté, à contre-jour, par exemple, ou par un temps brumeux, eussent tout de suite acquis, un plus de leur caractère documentaire, un cachet original et artistique »[25]. Alors que dans Montmartre, il avait photographié les rues et les vieilles masures pittoresques qui changent à chaque pas, les photographies de Rennes s’avèrent avoir des angles de prise de vue et des sujets qui ont déjà fait l’objet de cartes-postales. Seule sa conception de la photographie de la ville par l’animation des vues par des personnages « à tous les âges de la vie et à tous les degrés de l’échelle sociale, depuis la gamine en jupe courte jusqu’à la vieille mendiante en haillons », afin de faire des clichés des documents vivants, semble avoir été à peu près respectée. Les cartes postales Verger de Rennes ont pour la plupart une ou plusieurs petites silhouettes qui animent l’espace. Séeberger stipulait « que penserait-on, en effet, de l’explorateur qui, au cours d’un voyage dans des régions lointaines, se contenterait, pour rapporter des documents, de prendre des vues de paysages et d’habitations, en omettant de photographier, même à une grande échelle, la silhouette des habitants de ces régions »[26].

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Le luxe des cartes-postales toilées

En 1908, plusieurs commerçants Rennais se mettent à vendre des cartes-postales dites « toilées ». Elles étaient fabriquées dans un papier qui a l’apparence d’une étoffe : elles ont donc l’aspect, à la vue et au toucher, du tissu. Quelques grands imprimeurs et éditeurs nationaux ont produit ce genre de cartes-postales qui devaient ressembler le plus possible à un tableau, en particulier Alcide (1860-1918)[27] et Arthur Bréger (1869-1913)[28], créateurs en 1895 de la maison « A. Breger Frères » connue entre autre pour ses cartes-postales en « semi-aquarelle ». Ils désignaient les cartes-postales toilées avec les mots« photo-peinture ».

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Bréger

Cette définition convient parfaitement aux exemplaires vendus à Rennes par le peintre Léonard Clément Letraublon, dit Léo Letraublon (Janzé, 23 mars 1881 – Rennes, 1er novembre 1952) qui tenait le magasin « La Palette » à l’angle des rues de Coëtquen et Edith-Cawell où il était possible d’acheter du papier-peint, des gravures, des encadrements et des fournitures artistiques[29],7 rue de Bourbon.

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Letraublon croix

Le même type de cartes se trouvaient chez un certain « Bourel »[30] et aux Grandes Galeries Modernes, 16 rue de Penhoët, magasin qui depuis novembre 1907 connaissait une belle affluence de clientèle[31].

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grandes galeries modernes

Outre ces cartes toilées considérées comme luxueuses, les Grandes Galeries Modernes vendaient des cartes coloriées au pochoir qui s’avèrent tout aussi hautes en couleurs que les cartes au pochoir de chez « L.L. » [Lévy Fils et Cie] et E.LD. [Ernest Le Deley (1859-1917)[32]], qui ont été mises en circulation jusqu’en 1920 environ.

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Pendant le conflit 14-18, la qualité des cartes-postales illustrées s’amoindrit. E. Mary-Rousselière, qui est toujours un des plus importants éditeurs de la ville, vend quelques cartes mal coloriées au dos vert, imprimées pour des raisons d’économie sur du papier bois granuleux.

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Dos vert

Alcide au pays des cartes-postales

En 1915, c’est sans aucun doute Alcide Bréger, alors président de la chambre syndicale des éditeurs de cartes postales illustrées, qui explique le mieux l’industrie de la carte-postale durant la première décennie du 20ème siècle, période où la production de différents types de cartes coloriées répond aux attentes des consommateurs : « les ateliers français fournissent annuellement des millions de cartes illustrées […] On comprend, dans ces conditions, quel personnel considérable est employé, car cette industrie extrêmement florissante intéresse, les typographes, les lithographes, les photo-typeurs, les tireurs sur bromure, les fabricants de bristol, les coloristes, les clicheurs, etc., indépendamment des photographes et des courtiers. Nous passons naturellement sous silence les découpeurs, les empaqueteurs, les emballeurs, les livreurs, en un mot tout le petit monde habituel qui gravite autour d’entreprises aussi grandioses. Les maisons de premier ordre ont des équipes de photographes spéciaux, de véritables artistes, qui parcourent le monde l’appareil à la main, à la recherche d’un site pittoresque ou d’un coin non encore découvert à reproduire. Il faut à ces photographes un véritable don artistique pour saisir la vue parfois banale à l’œil, mais qui fera une très jolie reproduction photographique. Le photographe de cartes postales illustrées doit être doué tout particulièrement. Affaire de métier, affaire d’habitude, pensera-t-on. Non pas. Sens approfondi de l’art photographique appliqué à la carte illustrée tout simplement. Aussi un bon opérateur de cette spécialité gagne des appointements fort honorables, outre qu'il fait, en somme, un métier des plus agréables puisqu'il parcourt le monde entier, en touriste, aux frais de son patron. Il est juste d'ajouter qu'un cliché bien venu peut rapporter des sommes fabuleuses à l'industriel qui l'a édité. Ce n'est pas toujours le mieux réussi, d'ailleurs, qui a le plus de succès de vente. A propos de la vente, elle se fait de deux façons ou l'éditeur met sa marchandise en magasin et la vend indistinctement à tous ses clients, ou bien ses courtiers réservent dans chaque région à des libraires, des buralistes ou des bazars, des cartes exclusives de leur région il concède en quelque sorte à chacun d'eux une sorte de monopole s'interdisant toute concurrence. Dans ce dernier cas, il arrive souvent que, par suite d'un accord, la marque de l'éditeur disparaît pour être remplacée par la marque personnelle du libraire, du buraliste ou du bazar. Mais, je le répète, ceci est affaire de convention. Les genres de cartes illustrées sont aussi nombreux que variés, puisque l'on compte les actualités, les vues de villes et les sites pittoresques, les portraits, les compositions humoristiques, toutes celles-ci en phototypie. Les cartes au bromure, les cartes coloriées au pochoir, les cartes de fantaisie et les cartes imitation vieille gravure. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses, depuis trente centimes la douzaine jusqu'à soixante-quinze centimes la pièce. Cette dernière est, du reste, d'un très mauvais rapport. C'est la carte courante à la douzaine qui forme le meilleur fond de l'éditeur c'est elle qui a fait connaître la France c'est elle qui a propagé merveilleusement le tourisme c'est elle que l'on envoie par paquets aux amis et cinq mots autorisés, dès que l'on a dépassé les fortifications de la capitale. La jolie et pimpante carte postale illustrée ne fera que croître et embellir on pourra peut-être la perfectionner encore, nulle réglementation officielle ne la détrônera »[33].

Ce discours de Bréger est bien plus positif que celui qu’il tenait en 1908, au moment où l’industrie de la carte postale française connaissait une crise importante liée à la surproduction de cartes de mauvaises qualités et aux taxes postales[34]. Malgré l’optimisme que Bréger affiche au début de la guerre, la production de cartes-postales connait un déclin presque flagrant dans les années 1920, la plupart des impressions étant de mauvaise qualité et les vues imprimées en bleu ou en sépia.

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[1] Revue savoisienne : journal publié par l'Association florimontane d'Annecy : histoire, sciences, arts, industrie, littérature, janvier 1934, p. 154.

[2] Berthier (A.), la carte postale photographique et les procédés d’amateurs, Paris, Charles Mendel éditeur, 1905, 134p, introduction.

[3] Biographies in Chmura (S.), « La Bretagne au stéréoscope : de la carte-stéréo à la carte postale stéréoscopique », in cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, juin 2018, http://cartes-postales35.monsite-orange.fr

[4] Chmura (S.), « Rennes en couleurs 1898-1899 », cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, mis en ligne le 7 février 2018. http://cartes-postales35.monsite-orange.fr

[5] Catalogue des vues de France, Algérie, Tunisie, Belgique, Suisse, Fuenterrabia & San Sebastian, Extrait des collections photographiques de Neurdein Frères photographes-Éditeurs, Imprimerie Photo-Typographique Neurdein Frères, 1895.

[6] Catalogue des collections et sujets édités dans le format carte postale par Neurdein Frères, 1900.

[7] B.F., Paris (rameau fleuri) : Rennes – La gare ; Le lycée ; Quais Duguay-Trouin et Lamennais ; Statue de E. Le Bastard ; Statue de Leperdit ; Monument des Défenseurs ; Palais de Justice ; Église Saint-Germain ; Sainte-Melaine ; La Cathédrale ; Jardin des Plantes ; Jardin des Plantes, la volière ; Église Toussaints ; Le Théâtre ; Le Château branlant ; Portes Mordelaises.

[8] Journal des sociétés civiles et commerciales, 1880, p. 118.

[9] Emplacement 2-2 au cimetière communal de Bragny-sur-Saone (71350), détails de la sépulture : deux carrés, deux tombes, 7 sépultures.

[10] Emplacement 2-2 au cimetière communal de Bragny-sur-Saone.

[11] Jean Berthaud débute comme fabricant de draps à Vienne (Isère). En 1863, il est répertorié comme photographe à Paris. Le 15 octobre 1864, il est déclaré comme chimiste et crée avec Louis Joseph Garin, chimiste, demeurant 10, avenue de l'Hippodrome à Boulogne-Billancourt et Eugène Gustave Louis Guilleminot, chimiste, demeurant 26 cité Trévise une société en nom collectif « Garin-Guilleminot et Berthaud », siège social 9, rue Cadet à Paris ayant pour objet l'exploitation d'un fonds de commerce et de fabrication de produits chimiques et d'appareils photographiques. Cette société est dissoute en mars 1868(Archives Nationales : Minutes et répertoires du notaire Jean Claude POTIER de LA BERTHELLIÈRE, 3 décembre 1853 - 29 mai 1891 (étude LXXI), MC/ET/LXXI/332 - MC/ET/LXXI/561, MC/RE/LXXI/15 - MC/RE/LXXI/21 - MC/ET/LXXI/413.)

[12] Maison Hélios, 9 rue Cadet à Paris.

[13] La presse, 14 novembre 1876.

[14] Entête de lettre.

[15] La société en nom collectif Catala Frères est formée le 25 février 1910, elle avait pour objet « l’industrie de la photographie et de la phototypie, et généralement la suite des affaires de l’ancienne maison Berthaud frères », in L’information photographique, janvier 1910, p. 151.

[16] Chmura (S.), « Alfred Guillemot l'éditeur des cartes postales "A.G." de Rennes », in cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, octobre 2017, http://cartes-postales35.monsite-orange.fr

[17] Chmura (S.), « Rennes en couleurs 1898-1899 », cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, février 2019, http://cartes-postales35.monsite-orange.fr et« E. Mary-Rousselière et les photographes de la Bretagne intérieure », cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, octobre 2014, http://cartes-postales35.monsite-orange.fr

[18] Berthier (A.), la carte postale photographique et les procédés d’amateurs, Paris, Charles Mendel éditeur, 1905, 134p.

[19] René Amédée Houël (1860-1945) épouse Léoncine Marie Adèle Adrienne Espinasse (Paris, 23 janvier 1869 – Rennes, 5 juin 1940) le 22 février 1892 à Rennes ?

[20] Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers, 1907, p. 1254.

[21] Annonce parue dans le journal Ouest-Éclair de Rennes du 31 octobre 1931, p. 16.

[22] Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers, 1907, p. 1254.

[23] Chmura (S.), « Rennes en couleurs 1898-1899 », cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, mis en ligne le 7 février 2018. http://cartes-postales35.monsite-orange.fr

[24] Brighelli (J.-P.), Malécot (C.), Jardins parisiens à la Belle Époque. Photographies Séeberger Frères, Paris, Centre des monuments Monum, éditions du patrimoine, 2004, p.28.

[25] Séeberger (J.), « Le vieux Montmartre et la photographie documentaire », in Photo-gazette, 25 novembre 1904, p. 85-87.

[26] Ibid.

[27] Alcide Bréger

Commis de commerce, imprimeur et négociant

Né à Lamarche le 23 septembre 1860, fils d’Émile Bréger/Bregre (Gray, 25 avril 1836 – Lamarche, vers 1913), voyageur de commerce, négociant, marchand d’étoffe bimbelotier et Mélanie Picard (Lamarche, 17 mai 1838 – 1er avril 1929), mariées à Lamarche le 22 novembre 1859.

Marié à Paris, le 12 mai 1892 avec Jeanne Brunschwig (Paris, 11 janvier 1868 – Arcueil, vers 1946) fille d’Abraham Brunschwig (Arpajon, 8 juin 1834 – Paris, 3 octobre 1918), négociant et Rachel Cohen (vers 1837 - ?), d’où 1°) Adrien Bréger ; 2°) Andrée Sophie Bréger ; 3°) Denise Bréger ; 4°) Simone Rosine Bréger ; 5°) Odette Marianne Bréger

Décédé à Bourbonne-les-Bains, le 29 mai 1918

[28] Arthur Bréger

Graveur imprimeur et éditeur d’art, négociant et représentant de commerce

Né à Gray le 10 mai 1869

Marié à Paris le 8 juillet 1897 avec Marguerite Marx (Paris, 16 juillet 1875 – Sceaux, 26 septembre 1965) fille de Léopold Marx (vers 1844 - ?), négociant, représentant de commerce et Eugénie Levy (vers 1846 - ?), directrice d’école.

Décédé à Paris le 22 mai 1913

[29] Ouest-Éclair, 20 avril 1919.

[30] Difficile de dire s’il s’agit de Marie Joseph Bourel (Saint-Aubin-du-Pavail, 9 mai 1892 – Rennes, 3 janvier 1972), directeur du Bazar Leperdit. Après avoir fait la campagne contre l’Allemagne de 1914 à 1919 où il a été gravement blessé, Joseph Bourel se retire le 3 mars 1922 rue Jehan de Rohan à Pontivy. En janvier 1929, il s’installe 7 rue Leperdit à Rennes.

[31] Ouest-Eclair, 22 novembre 1907.

[32] Biographie in Chmura (S.), « La Bretagne au stéréoscope : de la carte-stéréo à la carte postale stéréoscopique », in cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, juin 2018, http://cartes-postales35.monsite-orange.fr

[33] Villette (A.), « Au pays des cartes-postales », in Le Gaulois, 15 avril 1915.

[34] « Une crise inattendue. La carte illustrée tombe en défaveur », in Le Petit Parisien, 31 août 1908, p. 2. ; « Propos d’actualité. La crise de la Carte illustrée », in Le Petit Journal, 28 juin 1909, p.1.